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samedi 7 septembre 2013

mercredi 1 mai 2013

Que s'ouvre le ciel




























J'aimerais quitter un peu ce sol,
aller faire un petit tour là-haut,
frapper à une ou deux portes,
dire et demander deux ou trois choses,
confier trois ou quatre soucis,
déposer quatre ou cinq chagrins,
danser cinq ou six musiques divines,
avec six ou sept anges,
alléger un peu ces sept ou huit kilos de contrariétés,
revenir transformée,
comme l'aigle royal qui plane dignement sur cette terre,
caresser de mes ailes les forêts en fleurs,
comme l'hirondelle,
quitter le lieu qui devient trop froid ou trop étroit,
traverser le ciel à tire-d'ailes,
partir, revenir, partir, revenir, partir, mourir, revenir.
J'sais pas, j'sais plus, j'y arrive plus.
J'sais pas, j'sais plus décoller, j'y arrive plus, à déployer mes ailes,
y m'en manque peut-être une?
Un oiseau avec une seule aile,
c'est maladroit,
ça crie un peu,
ça pioune,
c'est fragile,
ça ressemble plus à grand'chose,
ça vole plus,
ça demande juste un peu d'attention,
faut pas lui en vouloir,
faut pas le laisser comme ça.
Un nid douillet,
une chanson,
des mots doux,
quelques gouttes de rosée.


vendredi 31 août 2012

Souvenir de la canicule








L'été n'est pas terminé.
Mais il est terminé.
J'ai eu très peur,
l'année dernière,
de scolariser petite Bianca,
elle montrait clairement qu'elle ne voulait pas y aller,
elle est restée au foyer.
J'ai encore peur.
Mais de quoi?
De la séparation?
De sa transformation?
De son adaptation?
De ma solitude?
J'ai envie d'être seule, un peu.
Elle veut bien y aller,
je crois qu'elle est prête.
C'est un peu compliqué dans ma tête,
mais ça ira,
de retour bientôt ici,
avec de nouvelles images,
une fois que mes poumons auront retrouvé leur capacité ;-)

A très vite!

jeudi 29 mars 2012

Saule joyeux

















Du vent,
du vert
le saule,
du rose,
le magnolia,
un alignement particulier de planète,
des étoiles plus scintillantes que d'habitude,
qui me réveillent la nuit,
quatre ans aujourd'hui,
pour Bianca,
et toujours autant d'émerveillement,
d'étonnement,
de sa venue parmi nous...

lundi 27 février 2012

Le nid et l'oiseau invisible
















Je ne sais pas si ça t'est déjà arrivé de le rencontrer,
mais c'est un peu comme un tour de magie:
en apparence, c'est simple comme bonjour, 
et pourtant il y a toujours une énigme qui plane,
comme un oiseau invisible dans un espace inconnu.
Il paraît que cet oiseau invisible s'appelle l'Esprit,
il est même tellement pur qu'on l'appelle parfois l'Esprit saint.
Quand il plane au-dessus d'un paysage,
le paysage devient beau et lumineux.
Quand il plane au-dessus de quelqu'un,
le quelqu'un est aussitôt éclairé.

Jade et les sacrés mystères de la vie, François Garagnon, page 22

dimanche 15 janvier 2012

Manège










Une musique,
une danse,
du soleil,
un froid qui pique,
le nez,
les doigts.
Un roman qui me donne des ailes,
voilà ce que je peux partager en ce jour radieux!



TOUT LE MONDE EST OCCUPE, Roman, Christian Bobin, extrait page 40 :


"Sainte Marie, mère de Dieu, j'ai un service à vous demander. Trois fois rien. C'est pas pour moi, c'est pour ma fille, Manège. Entre mères, on peut se comprendre. Surtout vous. Avec votre garçon, vous en avez vu de toutes sortes. Je ne dis pas que ma petite est aussi extraordinaire que votre fils. Je le pense mais je ne le dis pas. Comme vous le savez, puisque vous savez tout, Manège ne ferme jamais les yeux. Je m'y suis faite. Mais voilà maintenant qu'elle dit l'avenir. Elle le dit vraiment. Ce qu'elle annonce arrive bel et bien, comme si l'avenir était une porte au bout d'un couloir et qu'elle avait des bras assez longs pour la pousser, cette porte, et dire avec sa voix d'enfant ce qu'il y a derrière. J'ignore d'où ça lui vient. Toutes les mères veulent un enfant exceptionnel, sainte Marie. Mais à ce point-là, je m'étonne, je m'inquiète, je me demande où on va. Vous avez vécu en Palestine, il y a longtemps. Avant la sécurité sociale, la télévision et les programmes de l'Education nationale. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. Le monde a changé. Il n'a pas changé dans le fond mais en surface - et c'est bien en surface que nous allons dans le monde. Dans le fond, personne n'y va, c'est trop horrible, infréquentable; Votre garçon marchait sur les eaux et guérissait les aveugles. Pour moins que ça, aujourd'hui, c'est l'hôpital psychiatrique. Je ne veux pas que ma fille devienne un gibier d'hôpital. Pardonnez ma colère, mais c'est que je ne sais plus comment faire. Je vous le redis: tout a changé. En surface. Vous, au  moins, vous avez élevé votre fils tranquillement. C'est à trente ans qu'il commence à se faire remarquer. Manège a cinq ans et déjà on me parle d'elle en me faisant des reproches - ou en me parlant de pédagogie, ce qui revient au même. Qu'elle ne ferme jamais les yeux, ça, les gens s'en fichent. Mais qu'elle leur annonce ce qui les attend, là, ils s'effraient."

jeudi 12 janvier 2012

Un jour frabieux


















Un instant volé,
une ou deux minutes en fin de journée.
Silence.
Dans la maison, 
les enfants crient, 
ou se disputent, 
peut-être qu'ils jouent?
Être dehors,
regarder les herbes qui tremblent,
de bonheur?
de froid?
les chevaux qui me regardent,
me disent une présence amie.
Silence.
"Un jour frabieux" (Alice... le film de Tim Burton)
et mes tourments intérieurs se tairont.
Je vaincrai la reine rouge, 
avec sa grosse tête!
J'apprivoiserai le Bundersnatch,
combattrai le Jabberwocky. 
Je ne serai ni trop petite ni trop grande,
à la bonne échelle, j'irai dans le monde.
Ce soir, j'ai dit en conclusion d'une conversation,
"je vais faire un effort pour sourire"
quoi qu'il arrive, 
je voudrais garder la bouche un peu beaucoup tirée vers le haut.
Sinon, je vais vraiment vieillir très laide.

mardi 4 octobre 2011

Clair de lune

Sur la colline,    mer   de   brouillard, 8h00




Chère hirondelle,
Cela fait longtemps que je ne t'ai vue par ici.
Je regarde le ciel.
Est-ce que le temps du grand voyage est arrivé?
J'aurais pu t'écrire de là-bas,
tout au bout de l'horizon,
là où le ciel et l'eau se rejoignent.
Comme c'est beau!
Rentrer chez soi en larmes,
cela ne se fait pas, je sais,
surtout lorsqu'on habite un si bel endroit,
et que tout va pour le mieux, hein, dit?
Mais toi, de là-haut, tu ne t'étonnes pas,
tu connais les turbulences,
tu sais bien que le paysage peut être somptueux,
mais que parfois, et malgré cela,
la route est difficile.
L'océan m'a montré deux ou trois choses de moi,
que j'avais oubliées.
Un peu comme ces coquillages
que l'eau vivante laisse en héritage,
au temps de la marée basse.
Je ne sais pas comment se déroulera l'automne,
puis l'hiver.
Je me suis remise au travail,
je peins.
Je ne vois pas bien ce que je pourrais faire d'autre,
puisque la nostalgie est mon maître,
j'accepte d'être ainsi,
tendue vers un désir lointain,
en quête,
un être éperdument voyageur.
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