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samedi 2 août 2014

Marguerites I




Détail


Détail



Détail




Huile sur toile 81 cm x 100 cm

Dans l'atelier













lundi 20 janvier 2014

Absence




























La peinture grand format n'est plus là, ce panneau de bois peint depuis 4 mois a été découpé en 8 morceaux.
Il est passé par plusieurs stades, des bleus, des verts, il a été griffé, creusé, blessé puis caressé de fines couches de peintures à l'huile, il a été calme, tourmenté, extrêmement lumineux puis éteint, il m'a fait comprendre que 18 ans ont passé depuis la dernière grande toile, bleue elle aussi, il m'a montré que ceci est derrière et qu'un travail nouveau est demandé, il faut prendre le fil du début. Les grands blessés ré-apprennent à marcher, et c'est ce que je vais faire, des petits pas de ré-éducation, les gammes de première année, la base. Je travaille en profondeur ce "retour d'exil" et je ne peux plus écrire ici comme avant.

Merci pour vos mots déposés, à celles et ceux qui viennent encore ici malgré mon absence dans la blogosphère. Je ne vous oublie pas!


lundi 25 novembre 2013

Dans les bras de Morphée

Dessin de Bianca

Il est 7h00. Elle ne pense pas encore à toutes ses tâches quotidiennes, ou peut-être que si, une odeur de déjà vu avant même d'avoir quitté le lit. Elle se retourne, se replie au creux des draps, s'enveloppe de la douceur de la couverture soupire et se rendort.
Il est 7h30. Elle se lève enfin et se dépêche. Quitter la chaleur de la couette, descendre les escaliers, les chevilles endolories qui lui rappellent ce qu'elle a fait la veille.  La petite dort encore.  Les garçons ne l'ont pas dérangée dans son sommeil et sont déjà partis pour l'école. Ils connaissent cet état particulier des matins difficiles de leur mère. Elle va dans la cuisine, allume la gazinière, remplit la casserole d'eau filtrée, la pose sur le feu, elle veut se préparer un thé, évite de penser que aujourd'hui, il n'y aura certainement pas d'espace pour....
cette heure de marche 
cette heure de dessin 
cette heure de montage-film 
cette heure de toi et moi.
Il est 08h15, elle téléphone à l'école maternelle pour excuser l'absence de sa fille qui a mal dormi vous savez, oui, elle tousse un peu, non, elle n'a pas de fièvre.
Il est 08h30. Elle veut réchauffer son thé qui s'est refroidi depuis l'instant d'avant. En se levant de sa chaise, elle sent sa jambe droite qui crie, en souvenir de trois heures dansées la veille, sur des talons aiguilles, quelle drôle d'idée, quand on mesure déjà 1m73 et qu'elle ne porte jamais de talons hauts. Le tango argentin se danse comme ça? Vraiment? Tu pourrais porter des baskets plates la prochaine fois? lui dit la jambe gauche.
Il est 09h00. Elle sort de la maison pour aller vers l'atelier. Elle veut voir cette peinture qu'elle essaie d'accomplir depuis plus d'un mois, un grand format qui sèche dehors, qui reçoit la pluie, le vent, tombe parfois sur l'herbe, s'imprègne de la terre, oui, c'est voulu vous savez, c'est un travail pictural, oui, un dialogue entre les éléments, le support, les pigments, ses mains et son esprit. Ce que ce sera? Elle ne sait pas... Elle soulève la peinture qui s'est écrasée sur ce sol, devant la porte de la petite cabane qui lui sert d'atelier.  Depuis cinq jours, sous le poids de la neige, impossible de la déloger. Non. L'alchimie n'a pa seu lieu. Elle ne valide pas le résultat. Le vent glacial approuve que aujourd'hui n'est pas le jour. Elle retourne dans la maison. Elle voudrait faire ceci et cela, travailler son coup de crayon, continuer d'assembler des images et des sons, écrire le texte. Elle voudrait que la maison soit nette. Elle voudrait que tout s'allège mais ses paupières sont lourdes. Elle retourne à la cuisine faire la vaisselle de la veille. Puisqu'elle a dansé, elle n'a pas lavé. Elle pense à ce stage et ces mouvements ondulants, ces gestes faits sans joie finalement. L'apprentissage et ses peines. Répéter une succesion de pas qui ne viennent pas de l'intérieur.   L'autre jour? Oui, je me souviens lui dit son coeur, c'était différent cette danse avec un homme qu'elle connaissait à peine, cet instant où les gestes étaient placés et accordés, sans paroles, simples et fluides, avec la musique. Aucun attachement à la personne, juste un instant d'harmonie.
Elle quitte la cuisine, elle quitte la vaisselle, elle coupe la ligne du téléphone, elle ne regarde pas quelle heure il est de ce côté-ci de la planète terre, elle retourne se coucher, malgré la lumière du soleil maintenant levé qui illumine la vallée et la chaîne montagneuse en face de sa fenêtre. 

Oui, c'est une belle journée froide qui s'annonce.


*Le dessin est de Bianca
 

mardi 24 septembre 2013

L'éternité


Légèreté, quelques secondes et puis s'en va, le vent, une brise, une nuée de migrateurs, une musique, quoi d'autre? attraper, mémoriser, lâcher, oublier, tracer. Quelques cordes à l'intérieur qui se mettent à l'unisson. Je jongle avec les différentes propositions des jours qui défilent, j'essaie de contrôler un peu quelque chose, sans succès, oh la la, sans succès... 

La maison près de la fontaine
couverte de vigne vierge et de toiles d'araignée
sentait la confiture et le désordre et l'obscurité.
L'automne, l'enfance, l'éternité... ici


vendredi 13 septembre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer





C'est quoi un atelier?

Un lieu pour mettre en oeuvre. 
Pour se calmer. 
Pour fermer la porte au monde et l'ouvrir sur un autre, ni meilleur ni moins bon. Juste un autre monde. 
Le mien est tout petit, pour l'instant. 
Je suis toute petite à l'intérieur, pour l'instant. 
J'ai jeté les premiers cailloux. 
Je travaille sur plusieurs pistes. 
Il y en a une, plus particulièrement que je note ici, aujourd'hui:

Un dessin "automatique":
Il s'agit de laisser son crayon aller sur la feuille de papier. C'est venu comme ça, hier. Pas du tout un truc-muche appris aux beaux-arts, évidemment... Je dois désapprendre, encore et encore.

Des personnages émergent, parfois. Ou des plantes, des courbes, des ronds, qui ne veulent rien raconter d'abord. 
Je laisse sortir.

Cet instant d'atelier de ce jour: 
Des femmes sur un bateau.
"Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka. 
J'ai "kiffé" sur ce titre à la bibliothèque, alors je l'ai pris, et je le lis. 
Et les voilà qui sortent au bout de mes doigts.

"L'histoire est celle de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis, un homme qu'elles n'ont pas choisi. Après une rude traversée de l'océan Pacifique, elles les rencontrent pour la première fois. Celui pour lequel elles ont tout abandonné, dont elles ont tant rêvé et qui va tant les décevoir. A la façon d'un choeur antique, leurs voix s'élèvent et racontent leurs vies d'exilées... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre. Et l'oubli."





lundi 11 mars 2013

Promesse









Les mots se promènent,
virevoltent,
s'animent,
se bousculent  puis disparaissent
Les phrases ne se forment plus,
ni ne s'accrochent à la matière solide,
là où le noir s'inscrit et transmet.
Des instants de vie si différents,
peu identifiables  parfois.
La métamorphose se fait lentement.
Il y a du confortable,
du joyeux,
du difficile aussi,
de l'énervement parfois,
puis le calme,
de l'attirance,
puis du rejet,
de l'énergie,
de la fatigue,
du mouvement,
du trop-vite,
du trop-lent,
de l'avancement et de la stagnation.
Je n'ai rien sous la main qui prouve ce que je suis à l'instant où j'écris.
Sommes-nous
ce que nous voyons?
pensons?
ressentons?
respirons?
disons?
faisons?
Produisons?
Notre Essence est-elle
visible?
Traduisible?
Et puis,
mon atelier qui prend forme,
en contre-bas de la maison,
une cabane en rondins,
un espace petit, intime, si joli finalement,
rassurant,
comme une matrice.
J'ai hâte de me mettre au travail.
Un peu peur aussi, de ce que je vais y découvrir,
du face à face.
Je vous raconterai!

lundi 17 septembre 2012

Aurigeno

**






"en homme qui a étudié
la grammaire du granit
j'ai marché en ce lieu
en homme qui voudrait faire l'équation
entre paysage et pensée
j'ai marché en ce lieu
en homme qui aime
les voies et les vagues du silence
j'ai marché en ce lieu

qui sait, peut-être
dans les temps futurs
un peu après la catastrophe
un touriste curieux venu de l'espace
marchera-t-il sur ce même sentier
conscient de mon fantôme:
toujours ici à suivre les lignes 
toujours à regarder dans la lumière".

Kenneth White, in Cahiers de Géopoétique No2*


*Note retrouvée d'une semaine de travail passée à Aurigeno, Tessin, Suisse
26 avril- 2 Mai 1992
Ouvrir le classeur blanc,
taché, à l'intérieur comme à l'extérieur,
libéré d'un carton de déménagement,
intitulé
"études théoriques / beaux-arts 1988-1993"


**


Un grand vide... 
Laissant survenir l'angoisse.
Prendre le temps de les regarder...
Ne pas se laisser submerger.
Saluer...
Identifier.
S'agirait-il d'un 
trop-plein?
Bon, je m'en occupe,
pour que cela devienne,
simplement,
un plein,
dans du vide,
ou un vide,

dans un plein.
Bref, un équilibre.

Je reprends le fil...
L'angoisse disparaît,
laissant advenir
l'allégresse.





**


Un grand merci pour tous vos messages sous le billet précédent.


**dessins du jour

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