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mardi 30 septembre 2014

Pêle-Mêle










Je lis, beaucoup.
Je réfléchis, trop.
J'agis, peu.
Je marche, souvent.
Je cherche, tous les jours.
Je me perds, je me trouve.


Quelques instants passés au bord d'un étang dans le Morvan.
Atelier Land art par une artiste, animation pour parents-enfants,
Au retour, je fais deux petits dessins. (inspirés du lieu et de la photographie ci-dessous)







Bianca, les voyant, se remémore l'instant passé au bord de l'étang et se précipite pour réaliser cette petite merveille qui me rappelle les miniatures persanes.
































Pssst, je ne suis plus trop sur les blogs, mais je vais tous les jours, un p'tit peu, sur facebook... Si vous avez un compte là-bas, on peut devenir des z'amis !   https://www.facebook.com/chg.dumont

lundi 5 août 2013

D'Est en Ouest










Je n'ai pas aimé préparer les valises, ni quitter ma maison. J'ai aimé rouler sur ces nationales interminables qui devaient nous mener au bout du bout, vers cette côte française au bord de l'océan Atlantique. J'ai aimé habiter quelques jours à côté de l'immensité de l'eau, malgré la petite route de la corniche vendéenne qui passait devant, entre la mer et notre maison, ma foi, rien n'est parfait. Je n'ai pas aimé  nos rythmes et nos envies si différentes mais par moment, j'aurais voulu retenir le temps pour que les figures de cette petite équipe que nous formions ne s'effacent pas, garder tel quel l'instant où les esprits enfin s'accordaient, parce que c'était vraiment chouette d'être nous. J'ai commencé à filmer. Je suis maladroite et timide, si vous saviez. Ces premières images, je vais les assembler, les monter avec du texte et de la musique, ce sera un début, assouvir ce besoin qui n'a jamais été comblé, ce rêve d'adolescente, allez, réalise-le ce film, quel qu'il soit, ça ira mieux après! Nous ne sommes pas restés longtemps, 7 petits jours, c'est si peu. Chaque matin, je me réveillais tôt. Peur de ne pas réussir à vivre pleinement l'OCEAN. Les autres dormaient jusqu'au milieu de la matinée. C'est cela même qui n'est pas au point dans ma vie ici, en Bourgogne, je m'endors.  Je vis comme si rien n'allait jamais s'arrêter, alors je ronronne. Une intemporalité illusoire qui me joue des tours. Lorsque je suis en terrain neuf, mes cellules se réveillent, mes yeux veulent voir, mes oreilles entendent mieux, mon corps bouge, du matin au soir, parce que je sais que ce n'est pas éternel, que cela m'échappe déjà et cela, oui, me rend VIVANTE!!! Mes sens en éveil, mon coeur est ouvert, je regarde le monde et les humains qui m'entourent avec confiance et je suis souvent enjouée d'un petit rien. Ce territoire  vierge de tous souvenirs d''enfance me soulage. Je suis née au bord du lac Léman en Suisse, grandi les pieds dans l'eau et la vue sur les montagnes d'en face et alentours, de tous côtés des cimes qui protègent et enferment. Face à la mer, l'absence de frontière visuelle me libère et me donne, il faut bien le dire le vertige.  J'ai aimé chaque lever du soleil, chaque coucher, et j'ai posé la question à ma destinée, en regardant le ciel étoilé, "mais pourquoi m'emmènes-tu toujours plein ouest, dis-le moi, alors que depuis petite, l'Orient et les pays du Soleil Levant me font rêver?" Je n'ai pas aimé rentrer et défaire mes valises mais l'étoile m'a donné une réponse ici qui, quand bien même je suis loin d'être une Déesse, me donne un peu de sens à cette trajectoire que je suis un peu malgré moi depuis un bon nombre d'années :

L'Ouest est le pays du soir, de la vieillesse, de la course descendante du soleil, de l'endroit où il va disparaître dans sa maison. Les années maison y sont donc domiciliées. C'est le côté des femmes, le côté du déclin ; Vénus, comme le soleil, y disparaît. Quetzalcoatl s'y sacrifie pour renaître à l'Est. On l'appelle le pays des brumes, c'est la porte du mystère, du non manifesté, l'en deçà et l'au-delà. Mais les brumes entraînent l'idée de pluie, et donc de fécondité et de fertilité. Aussi les Déesses Mères résident à l'Ouest, où elles ont établi leur jardin, qui est le pendant de celui de Tlaloc, dieu des pluies, à l'Est. Là aussi réside le dieu du Maïs, qui se manifestera à l'Est. Là, enfin, se trouve la déesse des Fleurs et les Poissons de Chalchiuitl ou d'Eau précieuse ou de Pierre précieuse, dans lesquels se résume tout le complexe symbolique qui rassemble l'eau bleu-vert de l'émeraude et du jade, les pluies fécondantes, semence céleste, et le sang naissant, offert au soleil pour sa régénérescence. 




Sushi by Cocoon,
 where the oceans end

In the morning I’ll go down the graveyard
To make sure you’re gone for good
To make sure you won’t hurt again
May you rest in peace
Poney riding, sushi cooking
May you be where you wanted
Oh we talked about it
After 1 or 2 beers
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days are just buried into the snow
Holy water
Plastic flowers
Well you got what you got what you are
Always running after, always running after
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days are just burried into the snow
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days I’ve just burried into the snow

jeudi 25 avril 2013

Ordonnance



















































Partir.
Laisser la maison et ses habitants.
Prendre quelques trains.
Voyager seule, 
Prendre rendez-vous avec le mouvement.
Se laisser aller dans ces inconnus,
Bien tracer l'itinéraire.
A faire pendant 4 jours. 
Revenir.
et voir...

A renouveler en cas de symptômes persistants d'inertie.

J'ai vu le monde. J'ai écouté les humains, regardé leurs gestes, j'ai tout aimé, oh oui, cette humanité est vraiment belle vous savez,  même si, bon sang, mais que clapotez-vous, homos sapiens, sur ces claviers? mais qu'écoutez-vous les oreilles coupées du monde environnant, mais à qui parlez-vous avec vos téléphones, mais pourquoi ne regardez-vous pas cette gitane enceinte magnifiquement qui vient son ventre bombé près de vos visages qui se détournent pour l'éviter, parce qu'elle demande l'aumône, ça n'est pas un travail, hein, dit? Toi qui reçois un salaire ou un RSA, pourquoi ne lui donnerais-tu pas un petit sou, et si c'était aussi un travail, ça, tendre la main ? Les voyaient-ils, les voyaient-elles,  tous ces oiseaux qui volaient dans le sous-sol de la gare pour manger les miettes de pain des sandwichs pris entre deux trains. Oh que le monde est beau, même lorsque la pluie et le vent vous accueille à la gare de Marseille, fin avril, le soleil n'est pas là, mais comme la lumière est belle, dans ces rues qui racontent en quelques secondes des migrations passionnantes. Comme le corps d'une femme est beau lorsqu'il se meut avec grâce, au son d'un tango argentin. Comme les gens sont chaleureux, lorsque vous venez les voir et qu'ils vous attendent depuis si longtemps, un feu, un repas, un verre de vin et, où en es-tu dans ta vie? comment te débats-tu avec tout ça, et si tu me suivais un peu, là, dans ces arbres qui continuent à donner du fruit alors qu'ils sont coupés de leur état sauvage? 




lundi 24 décembre 2012

Alignement

Dessin de Bianca 4 ans


Je ne suis pas fâchée avec Noël,
non,
au contraire,
le tralala a pris place dans la maison,
je parle du sapin, des boules, des anges, des étoiles,
cette année, beaucoup de fleurs,
des jacinthes dans des jardinières,
au bord des fenêtres,
mais ce n'est pas là mon Essentiel.
Ma concentration est absolue.
Je repousse l'encombrement.
C'est dur, très dur ;-)
Il y a l'encombrement des objets,
des vêtements qui ne sont pas ramassés,
rangement, immédiat,
il y a les choses inutiles,
qui dorment depuis longtemps dans la maison,
à la poubelle, (il y a encore beaucoup à faire).
il y a les fêtes et les tentations de Noël,
attention: pigeon, ne pas se laisser prendre par le flot des dépenses,
bon,
le porte-monnaie a tout de même succombé à quelques tentations gourmandes.
Mais dites-moi?
Quelle est cette lumière, cette étoile qui nous appelle?
Celle que nous cherchons,
serait-elle tapie tout au fond de nos coeurs?
Vous la voyez? Vous la sentez? Vous la faites briller?
Pour cela,
j'ai besoin
de calme,
d'intériorité,
d'espace-temps,
pour que l'émerveillement de chaque minute opère.
Ce coucher de soleil hier....
Cette cueillette de végétal pour garnir la crèche de l'église,
hier après-midi, le soleil brillait,
cette lecture de quelques secondes avant le coucher,
ce vin chaud préparé sans l'avoir programmé,
ces cornes de gazelle préparée avec la copine algérienne,
ce silence,
ce rien-faire.
Disponibilité à l'instant présent.
Voilà ce que je cherche, plus que jamais.

Joyeux Noël!





mercredi 7 novembre 2012

Les ailes du désir





 






 

 



Des immeubles,
hauts,
des voitures,
bruyantes,
des bus,
dans un sens,
dans l'autre,
monter dans celui-ci,
descendre au bon endroit,
marcher.
Aller aux lieux choisis.
Tout est comme avant,
rien n'est comme avant.
Quinze ans d'absence.
Me reconnaissez-vous?
De passage, juste de passage.
J'ai envie de te le dire,
à toi, passante et à toi,
ma voisine de bus pour un court instant.
Je pourrais vous raconter,
ce qui m'a fait venir dans cette ville,
cette invitation,
ce prétexte pour passer la frontière.
Retour d'exil.
Etrangère.
Quelques heures seulement,
un jour, une nuit, un jour,
bien assez,
trop peut-être.
Je reprends le chemin de l'exil.
De retour en France,
fatiguée,
je me plonge dans

les rêveries du promeneur solitaire :

Première promenade

Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Il s ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu'ils l'ont voulu. Mais moi, détaché d'eux et de tout, que suis-je moi-même? Voilà ce qui me reste à chercher. Malheureusement, cette recherche doit être précédée d'un coup d'oeil sur ma position. C'est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe pour arriver d'eux à moi. Depuis quinze ans et plus que je suis dans cette étrange position, elle me paraît encore un rêve. Je m'imagine toujours qu'une indigestion me tourmente, que je dors d'un mauvais sommeil, et que je vais me réveiller bien soulagé de ma peine en me retrouvant avec mes amis. Oui, sans doute, il faut que j'aie fait sans que je m'en aperçusse un saut de la veille au sommeil, ou plutôt de la vie à la mort. Tiré je ne sais comment de l'ordre des choses, je me suis vu précipité dans un chaos incompréhensible où je n'aperçois rien du tout; et plus je pense à ma situation présente et moins je puis comprendre où je suis.

Jean-Jacques Rousseau












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