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vendredi 8 juillet 2011

Qui es-tu, je?

Elle me raconte,
ce qu'elle fait,
dans sa vie,
des évènements forcément grands,
des rencontres avec des gens prodigieux,
bien sûr,
ses créations ici et là,
dans des grandes villes,
internationales,
bien sûr,
je lui pose des questions,
bien sûr,
et ma tête tourne, tourne, tourne, tourne,
face à cette agitation,
j'aimerais être en relation,
j'ose un "je", le mien,
je réalise que mon "je" n'a pas de place
dans son "je",
j'ai voulu forcer,  enfoncer, risquer,
avouer mes doutes et ma faiblesse,
dire mon ordinaire,
et lui faire voir mon extra.
Une petite faille,
au moment du thé,
l'esquisse d'une larme
s'est présentée au coin d'une lèvre
pas encore en forme de goutte,
pas encore atteint l'oeil,
elle ne l'a pas laissée naître,
elle ne la laissera pas couler,
peut-être une prochaine fois,
la porte est juste entre-ouverte.



Quelques difficultés intérieures, en ce moment, à trouver ma place face à mon prochain, à cet autre. L'impression? que chacun cherche à être "je", qu'il y a peu de place pour le "tu", ce que tu es m'intéresses. J'avance sur ce chemin de la relation avec beaucoup de frustration. Alors je couds, j'agite mes doigts, pour ne pas me dissoudre complètement, pour me sentir exister certainement, pour trouver l'articulation avec ce monde. Voici ma dernière création pour une bébée de la famille du côté de mon mari. Ce modèle inventé, photographié ici, une création qui s'appellera comme celle pour qui elle a été créée, Maélie.





dimanche 3 juillet 2011

Kaléidoscope



Il y a Fukushima* et aussi, DSK, il y a des bébés qui naissent et il y a l'été, il y a ces morceaux de papiers qui restent blancs et qui attendent que je les anime, il y a ces tissus que je coupe et que je couds pour ces petits bout'choux, mes doigts qui s'agitent pour réaliser une petite tenue que les mamans leur mettront, ou pas, il y a mes enfants qui grandissent, l'aîné qui est parti quelques jours chez son parrain, il y a des princes et des princesses qui se marient et moi qui les regarde comme une potiche, attendrie par ce visage tout en douceur vibrant d'humanité d'"elle", glacée par la froideur et la mécanique bien huilée de "lui", il y a ce vide en moi que j'essaie de regarder et surtout ne pas combler, il y a ce trop plein de projets et la vigilance à vivre l'instant d'abord, il y a cette soirée passée à l'improviste sur une place de la ville voisine à jouer aux boules carrées avec un des frère de mon mari et ses amis, il y a cet instant joyeux à manger ensuite dans un restaurant, le seul qui accepte de servir tard quelques mets simples et délicieux, il y a ces mots échangés avec des humains, cette impression, à chaque fois, de vivre sur la lune et d'arriver sur terre et tout voir pour la première fois, il y a le doute et le doute et le doute sur tout et sur rien, il y a la certitude de ne pas être sur le mauvais chemin, même si il est escarpé, difficile et parfois brumeux, il y a ces petits vêtements terminés, photographiés ici et l'envie de vous souhaiter de jolies journées ensoleillées, en ville, à la campagne, à la montagne ou à la mer, dégustons chaque instant.



*cliquez sur Fukushima pour accéder à la vidéo de cet expatrié français au Japon
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