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| Sur la colline, mer de brouillard, 8h00 |
Chère hirondelle,
Cela fait longtemps que je ne t'ai vue par ici.
Je regarde le ciel.
Est-ce que le temps du grand voyage est arrivé?
J'aurais pu t'écrire de là-bas,
tout au bout de l'horizon,
là où le ciel et l'eau se rejoignent.
Comme c'est beau!
Rentrer chez soi en larmes,
cela ne se fait pas, je sais,
surtout lorsqu'on habite un si bel endroit,
et que tout va pour le mieux, hein, dit?
Mais toi, de là-haut, tu ne t'étonnes pas,
tu connais les turbulences,
tu sais bien que le paysage peut être somptueux,
mais que parfois, et malgré cela,
la route est difficile.
L'océan m'a montré deux ou trois choses de moi,
que j'avais oubliées.
Un peu comme ces coquillages
que l'eau vivante laisse en héritage,
au temps de la marée basse.
Je ne sais pas comment se déroulera l'automne,
puis l'hiver.
Je me suis remise au travail,
je peins.
Je ne vois pas bien ce que je pourrais faire d'autre,
puisque la nostalgie est mon maître,
j'accepte d'être ainsi,
tendue vers un désir lointain,
en quête,
un être éperdument voyageur.