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jeudi 24 octobre 2013

J'apprends à être...




Premier transfert *

Automne
feuille
orange
couleurs
forêts
herbes
champ
ciel
vent
son
image
montage.

J'apprends à filmer.
à monter les images avec du son.
à télécharger un logiciel, puis un autre.
Autodidacte, je galère pas mal...
Je suis apprentie,
depuis toujours,
j'apprends quelque chose,
ceci ou cela,
J'apprends à être.


En attendant de montrer mon film qui parle d'exil, j'ai monté une petite séquence récréative pour me donner du courage.







Deuxième transfert**


*+léger   -bonne qualité
** + lourd  +qualité (?)

lundi 5 août 2013

D'Est en Ouest










Je n'ai pas aimé préparer les valises, ni quitter ma maison. J'ai aimé rouler sur ces nationales interminables qui devaient nous mener au bout du bout, vers cette côte française au bord de l'océan Atlantique. J'ai aimé habiter quelques jours à côté de l'immensité de l'eau, malgré la petite route de la corniche vendéenne qui passait devant, entre la mer et notre maison, ma foi, rien n'est parfait. Je n'ai pas aimé  nos rythmes et nos envies si différentes mais par moment, j'aurais voulu retenir le temps pour que les figures de cette petite équipe que nous formions ne s'effacent pas, garder tel quel l'instant où les esprits enfin s'accordaient, parce que c'était vraiment chouette d'être nous. J'ai commencé à filmer. Je suis maladroite et timide, si vous saviez. Ces premières images, je vais les assembler, les monter avec du texte et de la musique, ce sera un début, assouvir ce besoin qui n'a jamais été comblé, ce rêve d'adolescente, allez, réalise-le ce film, quel qu'il soit, ça ira mieux après! Nous ne sommes pas restés longtemps, 7 petits jours, c'est si peu. Chaque matin, je me réveillais tôt. Peur de ne pas réussir à vivre pleinement l'OCEAN. Les autres dormaient jusqu'au milieu de la matinée. C'est cela même qui n'est pas au point dans ma vie ici, en Bourgogne, je m'endors.  Je vis comme si rien n'allait jamais s'arrêter, alors je ronronne. Une intemporalité illusoire qui me joue des tours. Lorsque je suis en terrain neuf, mes cellules se réveillent, mes yeux veulent voir, mes oreilles entendent mieux, mon corps bouge, du matin au soir, parce que je sais que ce n'est pas éternel, que cela m'échappe déjà et cela, oui, me rend VIVANTE!!! Mes sens en éveil, mon coeur est ouvert, je regarde le monde et les humains qui m'entourent avec confiance et je suis souvent enjouée d'un petit rien. Ce territoire  vierge de tous souvenirs d''enfance me soulage. Je suis née au bord du lac Léman en Suisse, grandi les pieds dans l'eau et la vue sur les montagnes d'en face et alentours, de tous côtés des cimes qui protègent et enferment. Face à la mer, l'absence de frontière visuelle me libère et me donne, il faut bien le dire le vertige.  J'ai aimé chaque lever du soleil, chaque coucher, et j'ai posé la question à ma destinée, en regardant le ciel étoilé, "mais pourquoi m'emmènes-tu toujours plein ouest, dis-le moi, alors que depuis petite, l'Orient et les pays du Soleil Levant me font rêver?" Je n'ai pas aimé rentrer et défaire mes valises mais l'étoile m'a donné une réponse ici qui, quand bien même je suis loin d'être une Déesse, me donne un peu de sens à cette trajectoire que je suis un peu malgré moi depuis un bon nombre d'années :

L'Ouest est le pays du soir, de la vieillesse, de la course descendante du soleil, de l'endroit où il va disparaître dans sa maison. Les années maison y sont donc domiciliées. C'est le côté des femmes, le côté du déclin ; Vénus, comme le soleil, y disparaît. Quetzalcoatl s'y sacrifie pour renaître à l'Est. On l'appelle le pays des brumes, c'est la porte du mystère, du non manifesté, l'en deçà et l'au-delà. Mais les brumes entraînent l'idée de pluie, et donc de fécondité et de fertilité. Aussi les Déesses Mères résident à l'Ouest, où elles ont établi leur jardin, qui est le pendant de celui de Tlaloc, dieu des pluies, à l'Est. Là aussi réside le dieu du Maïs, qui se manifestera à l'Est. Là, enfin, se trouve la déesse des Fleurs et les Poissons de Chalchiuitl ou d'Eau précieuse ou de Pierre précieuse, dans lesquels se résume tout le complexe symbolique qui rassemble l'eau bleu-vert de l'émeraude et du jade, les pluies fécondantes, semence céleste, et le sang naissant, offert au soleil pour sa régénérescence. 




Sushi by Cocoon,
 where the oceans end

In the morning I’ll go down the graveyard
To make sure you’re gone for good
To make sure you won’t hurt again
May you rest in peace
Poney riding, sushi cooking
May you be where you wanted
Oh we talked about it
After 1 or 2 beers
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days are just buried into the snow
Holy water
Plastic flowers
Well you got what you got what you are
Always running after, always running after
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days are just burried into the snow
And the worst days that life brings
All the bad movies and all the earthquakes
All the worst days I’ve just burried into the snow

jeudi 25 avril 2013

Ordonnance



















































Partir.
Laisser la maison et ses habitants.
Prendre quelques trains.
Voyager seule, 
Prendre rendez-vous avec le mouvement.
Se laisser aller dans ces inconnus,
Bien tracer l'itinéraire.
A faire pendant 4 jours. 
Revenir.
et voir...

A renouveler en cas de symptômes persistants d'inertie.

J'ai vu le monde. J'ai écouté les humains, regardé leurs gestes, j'ai tout aimé, oh oui, cette humanité est vraiment belle vous savez,  même si, bon sang, mais que clapotez-vous, homos sapiens, sur ces claviers? mais qu'écoutez-vous les oreilles coupées du monde environnant, mais à qui parlez-vous avec vos téléphones, mais pourquoi ne regardez-vous pas cette gitane enceinte magnifiquement qui vient son ventre bombé près de vos visages qui se détournent pour l'éviter, parce qu'elle demande l'aumône, ça n'est pas un travail, hein, dit? Toi qui reçois un salaire ou un RSA, pourquoi ne lui donnerais-tu pas un petit sou, et si c'était aussi un travail, ça, tendre la main ? Les voyaient-ils, les voyaient-elles,  tous ces oiseaux qui volaient dans le sous-sol de la gare pour manger les miettes de pain des sandwichs pris entre deux trains. Oh que le monde est beau, même lorsque la pluie et le vent vous accueille à la gare de Marseille, fin avril, le soleil n'est pas là, mais comme la lumière est belle, dans ces rues qui racontent en quelques secondes des migrations passionnantes. Comme le corps d'une femme est beau lorsqu'il se meut avec grâce, au son d'un tango argentin. Comme les gens sont chaleureux, lorsque vous venez les voir et qu'ils vous attendent depuis si longtemps, un feu, un repas, un verre de vin et, où en es-tu dans ta vie? comment te débats-tu avec tout ça, et si tu me suivais un peu, là, dans ces arbres qui continuent à donner du fruit alors qu'ils sont coupés de leur état sauvage? 




mercredi 15 août 2012

Rouge et bleu



Ces quelques jours passés à Colmar sont loin, si loin derrière moi. 
"Ce qui fut n'est plus.... Ce qui sera n'est pas encore" Svâmi Prajnanpad

Si vous passez par cette ville, n'hésitez pas à "jouer les touristes",  
prenez la barque qui permet de visiter la ville, 
la petite Venise ainsi nommée. 
Vous y découvrirez  un bout d'histoire du moyen-âge, 
vous imaginerez les maraîchers qui utilisaient cette rivière pour le transport des légumes jusqu'au marché couvert, 
pourquoi certaines maisons sont peintes en bleu, 
d'autres en rouge, 
pourquoi certains colombages sont en forme de losanges, 
d'autres en croix, 
ou encore en courbes, 
et ce vieux séquoïa planté il y a plus de 200 ans, 
et Bartholdi, créateur d'une célèbre statue.
Et puis,  avant l'hiver, 
passez voir l'exposition que propose le musée Unterlinden qui ouvre ses portes à l'une des plus prestigieuses collections d'enluminures privées en Europe (photographiées en partie et rapidement avec mon compact,  à voir ICI).



mardi 4 octobre 2011

Clair de lune

Sur la colline,    mer   de   brouillard, 8h00




Chère hirondelle,
Cela fait longtemps que je ne t'ai vue par ici.
Je regarde le ciel.
Est-ce que le temps du grand voyage est arrivé?
J'aurais pu t'écrire de là-bas,
tout au bout de l'horizon,
là où le ciel et l'eau se rejoignent.
Comme c'est beau!
Rentrer chez soi en larmes,
cela ne se fait pas, je sais,
surtout lorsqu'on habite un si bel endroit,
et que tout va pour le mieux, hein, dit?
Mais toi, de là-haut, tu ne t'étonnes pas,
tu connais les turbulences,
tu sais bien que le paysage peut être somptueux,
mais que parfois, et malgré cela,
la route est difficile.
L'océan m'a montré deux ou trois choses de moi,
que j'avais oubliées.
Un peu comme ces coquillages
que l'eau vivante laisse en héritage,
au temps de la marée basse.
Je ne sais pas comment se déroulera l'automne,
puis l'hiver.
Je me suis remise au travail,
je peins.
Je ne vois pas bien ce que je pourrais faire d'autre,
puisque la nostalgie est mon maître,
j'accepte d'être ainsi,
tendue vers un désir lointain,
en quête,
un être éperdument voyageur.

vendredi 30 septembre 2011

Vendredi

Plage des Demoiselles, Vendredi 23 septembre 2011, 17h31 00 seconde







CORRESPONDANCE
Extraits
Vendredi 13 juin 1997
......
......
Il pleut.
Le tonnerre de l'autre côté du lac.
Un vent frais.
Et le tonnerre encore plus fort, plus près.
Sinon, le silence.
Les voisins dorment.
J'hésite à mettre de la musique
pour... pourquoi?
Non, je ne vais pas le faire.
La pluie qui tombe,
c'est une jolie chanson
et... les vagues.
Un vent plus fort est entré,
soulève les papiers que je m'apprêtais à trier et qui traînent parterre,.
Qu'ils s'envolent!
........
........
La pluie entre chez moi.
Je crois que je vais fermer la fenêtre.
Voilà, c'est fait.
J'ai les pieds mouillés.
Donc, je t'écris une lettre,
que je vais glisser dans une enveloppe jaune,
couleur tournesol,
avec une fermeture délicate,
deux petites lunes dans une grande lune,
ou un soleil.
......
......
Je porterai l'enveloppe à la poste demain matin.
Tu la recevras peut-être mardi,
ou mercredi.
C'est joli, le nom des jours en français.
Je viens de m'en apercevoir en les écrivant.
......
......
J'ai acheté une carte chez les moines tibétains.
Je l'ai choisie  pour donner suite à ce beau dessin  (je pense qu'il s'agit d'une gravure?)
Tu sais, la carte avec les cerfs-volants que tu m'avais envoyée.
......
......


jeudi 29 septembre 2011

Plage des demoiselles, Vendredi 23 septembre 2011, 10h36 et 19 secondes
Marcher
ne plus penser
penser mieux
jouer
creuser
lire
dormir
manger
boire
rêver
regarder
respirer
sentir
protéger
entourer
parler
rire
photographier
ne rien faire
ne rien attendre
ne rien espérer
ne rien demander
apprécier
emmagasiner
embrasser
ensoleiller
 enchanter



mercredi 28 septembre 2011



Notre-Dame-de-Monts, 22 septembre, coucher du soleil

PAUL KLEE
Voyage d'études en Tunisie
Tunis, 12 Avril 1914

"La soirée est indescriptible. De surcroît se lève la pleine lune. Louis me stimule : il faut peindre tout de suite. Je lui dis : ce ne sera tout au plus qu'une étude. Bien entendu, j'échoue face à pareille nature. Mais j'en sais tout de même un peu plus qu'auparavant. Je sais le chemin à parcourir depuis mon insuffisance jusqu'à la nature. C'est là une affaire intérieure pour les prochaines années."






Notre-Dame-de-Monts, Jeudi 22 septembre 18H47

"J'ai parfois l'impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d'accumuler le matériau de futures nostalgies."
(Vikram Seth)

"On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées."
(H. Taine)

"Je sais, d'expérience, que courir le monde ne sert qu'à tuer le temps. On revient aussi insatisfait qu’on est parti. Il faut faire quelque chose de plus."
(Ella Maillart)

"Le meilleur qu'on puisse ramener du voyage, c'est soi-même, sain et sauf."
(proverbe persan)  
 




Là d'où je viens

Noirmoutier, 22 septembre, 15h26 et 56 secondes




Une assiette de moules,
avec des frites
et une bière.
Une balade sur les quais,
le port qui me rappelle celui de ma ville natale.
Je suis bien ici,
au grand air,
près de l'eau,
à ramasser des coquillages,
regarder les bateaux et l'horizon.
Je ne me doute pas,
à cet instant du 22 septembre,
de l'accrochage de mon âme
à l'immensité de l'eau et du ciel,
de sa difficulté plus tard à la quitter.

mardi 27 septembre 2011

Saint-Jean-de-Monts, 21 septembre 2011, 8h30




















Désir de mouvement depuis si longtemps.
Pressentir que quatre jours,
lorsqu'il y a gourmandise de vie,
ce sera bien trop court.
Les enfants toussent encore.
L'eau est froide,
j'aimerais les laisser s'immerger à leur guise,
dans l'eau,
mais aussi dans ces vacances volées à la machine institutionnelle.
Premier voyage vers l'eau marine pour la petite dernière.
Découverte du sable et des coquillages au petit matin.
Pour la première fois aussi,
des vacances en famille à cinq,
des grands avec une petite,
pas toujours simple comme alchimie.

Une maman en vacances,
ça existe?



A notre dernier voyage, l'été 2007, nous étions quatre. Ce troisième enfant, le cinquième pour lui, s'installait tout doucement dans mon ventre. Je me demandais comment j'allais vivre cette grossesse, qui arrivait à un âge tardif dans ma vie de femme. Nous étions partis pour trouver un soulagement  et le soleil qui, cette année-là, n'était nulle part au rendez-vous. Nous l'avions trouvé en Corse. J'avais passé beaucoup de temps dans l'eau, oubliant mon âge, les nausées, les fausses-couches passées, les années difficiles  autour de notre fils aîné qui avait souffert d'une leucémie et tout ce qui encombrait ma vie.

Voilà ce qui m'est re-venu,
au contact de l'océan ces jours derniers.*
Oh, rien de grave,
peut-être juste un petit gommage salutaire.



*Nous avons logé durant ce séjour vendéen dans un appartement que l'association "leucémie espoir" met à disposition pour les familles qui traversent ou ayant traversé cette épreuve. J'aimerais ici les remercier pour leur travail qui place la victoire de la vie sur la maladie au coeur de leur action.


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