samedi 16 juin 2012

Silence des galaxies...


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Rêver d'un champ de coquelicots.
La fleur qui me ramène à mon enfance,
des champs de blé,
la fleur tant aimée qui ne survivra pas à la cueillette.
Ce rouge inimitable qui me nourrit.
Je n'en ai pas encore vu cette année.
Ici, les marguerites à profusion.
Rêver d'être cette jeune fille ainsi vêtue, (inspiration  pour dessiner ce champ parsemé de coquelicots)
ainsi photographiée, ainsi aimée.
Projection...

Impressions,
sensations,
perceptions,
stimulations.
Regarder mon quotidien,
parfois, le détester et peut-être,
ne plus rien reconnaître de mon parcours.
Illusions,
déceptions.
Le soir venu, prendre un livre,
au hasard.
L'ouvrir,
au hasard.
Là, trouver une réponse,
pour enfin se coucher le sourire aux lèvres.


Notre existence durant, nous cultivons l'espoir de rencontrer à l'extérieur de nous cette perfection dont nous rêvons. Une idéologie! Une école ! Un maître ! Mais il arrive que ces modèles déçoivent. Tel ou tel détail dégrise. Telle "révélation" sur une personne admirée fait mal. Pourtant l'espoir indéracinable persévère : la perfection dont je rêve se trouve déjà réalisée quelque part, immuable... en dehors de moi !  Sans cesse avec au coeur cette attente lancinante, je titube d'une déception à l'autre. Jusqu'à ce qu'un cri me soit arraché : "Ce monde de lumière dont j'ai rêvé n'est-il donc nulle part? Partout j'ai cherché ces compagnons de route, ces êtres de lumière, je n'ai trouvé plus ou moins que des névrosés semblables à moi... Où est cet être debout ? Où sont-ils ?  A quels signes les reconnaîtrai-je ? "  Si je décris dans mon coeur l'un après l'autre ces signes infaillibles, voilà que je commence d'esquisser une réalité, de consteller un champ; Et soudain la voix à mon oreille : "Et qu'attends-tu pour le devenir Celui que tu attends?" Silence des galaxies... Et voilà que tout devient en moi silence. ....... ( ) ...... Je dois me mettre en marche, sachant que comme tous ceux qui m'ont précédée, je n'arriverai nulle part, que comme tous ceux qui sont partis avant moi, j'échouerai, que je vais vers ma défaite certaine et que pourtant - silence des galaxies - tout cela n'est pas le moins du monde triste. Personne n'exige de moi que je réussisse, mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière. L'important n'est pas que je porte le flambeau jusqu'au bout, mais que je ne le laisse pas s'éteindre.

Extrait dans:
Christiane Singer
Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi? Albin Michel, Page 110




30 commentaires:

  1. L'ego est semblable à un coquelicot : lorsqu'on le cueille, il meurt... Bien amicalement, Christiane

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    1. J'aime cette phrase...
      Mais je ne suis pas certaine de la comprendre.
      Je la lis depuis l'autre jour.
      Il est bon que l'ego meurt, non?
      Le coquelicot, au contraire, est beau sur pied, on n'aime pas le voir fâner dans la main.
      Comment comprendre cette comparaison?
      Merci Phène!

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  2. Je regarde mes filles si jolies mais si rarement apprêtées. Il faut bien un mariage pour s'habiller... Les jambes, les genoux recouverts de bleus, parfois de sang séché, quelques piqures de moustiques aussi... La peau brunie par le soleil, vêtements tachés, abîmés mais tellement aimés qu'elles ne veulent pas les quitter... Toujours en mouvement, tellement en mouvement qu'il est presque impossible de prendre la pose et la pause... Je regarde leurs mains et leurs doigts, écorchés, gribouillés, aux traces de plâtres, de peinture ou terre...Je regarde mes filles si jolies, je les aime tant mais ces photos très belles ne sont pas pour elles, ni pour moi par conséquent :)

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    1. J'aime aussi le côté sauvage de mes enfants. Je comprends donc et apprécie tes mots qui laissent une place à ce précieux temps de l'enfance où la découverte du monde est à mettre en premier plan.
      Je regarde les photos de "Transparences" comme des peintures (parfois comme celles de la Renaissance....). Elle a un talent fou, que ce soit pour les portraits, parfois les objets qui me font penser aux peintures qui traitent la "nature morte" comme sujet. Je pense que c'est dans ce sens qu'elle photographie, et que le dessein de son blog n'est certainement pas la réalité du quotidien, mais une mise en scène que j'apprécie beaucoup. Le beau vêtement de la jeune fille a certainement été taché avant le soir venu... ;-))) et c'est tant mieux. Le lin, finalement, se lave très bien.

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    2. Oui je regarde aussi ses photos ainsi... Et j'admire !
      Mon propos était juste de souligner que je venais de me rendre compte combien mes filles (et moi de ce fait) étaient à des années lumières de tout cela ! Cela ne nous empêche aucunement d'apprécier la beauté des photos, parce qu'elles sont belles, c'est incontestable.

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    3. Tu sais, j'ai beaucoup aimé tes mots qui racontent tes filles et ton regard sur elles. D'ailleurs, je pense que les enfants mériteraient d'être plus souvent photographiés ainsi. J'avais bien compris ton propos, no soucis ;-)
      Bises et bonne journée!

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  3. "Et qu'attends-tu pour le devenir Celui que tu attends?"
    Cette phrase, sous une autre forme, m'accompagne depuis des années et m'est très utile quand je perds espoir, quand je me mets à me détester. Merci de la rappeler. Elle m'aide aussi à ne pas m'enfermer dans le reproche à l'autre, à me souvenir que ce que je veux, ce que j'attends, c'est à moi de le créer, de le donner.
    On attend souvent celui qui nous y aidera, qui nous mènera sur le chemin. Quand on a manqué d'amour et de reconnaissance, comment se regarder avec bienveillance, avec respect ? Comment croire que l'on se suffit à soi-même (sans forcément se passer des autres) ? Il faut souvent des années de vie, de belles rencontres, de reconstruction.

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    1. What would you do if you knew you couldn't fail?
      C'est cette phrase à laquelle tu penses?

      Merci pour tes mots (reconnaissance, bienveillance, respect, reconstruction...)

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    2. Coucou,
      Ah, cette phrase, qu'est-ce qu'elle m'a portée ! Ce n'était pas à celle-ci que je pensais en écrivant l'autre jour, mais à une phrase dont je ne me souviens pas. Je crois que je l'ai intériorisée au point qu'elle me guide sans être "dicible".
      Bises, j'espère que l'été t'est doux, maintenant qu'il est enfin là !

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  4. J'avais reconnu sa "voix" inimitable.
    Oui, chaque pas nous appartient. Ne jamais tomber est impossible, mais espérer et se relever. Les bleus et les cicatrices sont beaux et belles, aussi.
    Bises
    Lise

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    1. Pas mal de cicatrices, de bleus ici...
      Bises ;-)

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  5. Tout ici, ensemble, est superbe...

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  6. Une Hirondelle...18 juin 2012 à 20:31

    C'est beau,c'est doux,c'est tendre,c'est amour et lumière,c'est vie,c'est fragile et délicat comme un pétale de coquelicot...C'est comme Toi Douce Terre Indienne....C'est la flamme d'une petite bougie que dans chaque message,dans chacun de tes mots et de tes dons,tu allumes pour nous guider un peu dans cette prairie de fleurs,cette prairie où les coquelicots naissent et meurent si vite....
    Tendresse....

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  7. Oh oui, il était donc de toi ce très beau texte, indélicatement "emprunté" par une blogueuse qui pille sans vergogne les textes qu'elle est incapable d'écrire...Lecteurs, ne vous laissez pas abuser! la vraie Terre Indienne est ici!


    voilà le blog de la plagiaire:
    http://merciervallet.canalblog.com/archives/2012/06/17/24519619.html

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    1. Pour info aux autres lecteurs:
      Un blog s'est approprié plusieurs textes, un simple copié-collé sans référence aux auteurs. L'affaire maintenant résolue, cette blogueuse d'un type très "particulier" a tout effacé.
      Merci Célestine, Carmen (qui a vu les textes) et Zénondelle qui a pris les choses en main en écrivant à cette personne!

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  8. Et oui, ce magnifique texte est de toi,
    comment pourrait-il en être autrement, on sent toute ta sensibilité, ta délicatesse, ta créativité aussi...
    ta patte est là...
    J'aime aussi les coquelicots, justement parce que leur beauté fragile ne peut s'épanouir que si on les arrache pas de là où ils sont bien.
    Besitos

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    1. Mes mots étaient simplement une introduction à ce beau passage de Christiane Singer... Il y a ma patte, il y a la tienne qui est très belle, il y en a d'autres sur la blogo, beaucoup de gens écrivent parce que c'est une nécessité intérieure. Alors, ceux ou celles qui font des plagiats..... je ne comprends pas ce qu'ils/elles y trouvent....

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  9. et voilà, chaque fois que je vois un coquelicot au bord de mon chemin
    ou même un champ de coquelicots...je pense à toi... :)))
    belle journée Christiane !
    bisous

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  10. Je lis en ce moment "N'oublie pas les chevaux écumants du passé".
    Tu m'appelles ?
    Bises

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    1. Ce titre que tu mentionnes est le premier de Ch. Singer que j'ai lu... Une révélation qui m'a incitée à ouvrir le blog précédent "une envie de bonne heure".
      Oui, je t'appelle..... Le soir n'est pas le meilleur moment pour moi, à chaque fois que j'y pense et que je suis enfin disponible, il est plus de 22h00 ;-)

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  11. Tu m'as fait découvrir cette auteur - chaque fois ces mots me font du bien, beaucoup de bien !

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    1. Cela ne m'étonne pas! A lire en entier je pense. Bon retour de vacances à toi!

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  12. Vraiment j'aime cette lumière... ce rouge sur le jaune. Et ici, nous fumes envahis dans les champs tout autour de la ville...Une de mes fleurs préférée...

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    1. Tu es bien chanceuse d'habiter dans une ville ainsi bien entourée, une idée d'histoire fantastique... "la ville aux coquelicots"

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  13. Bonjour Christiane,

    Il s'agit juste de souligner la similitude entre la mort quasi instantanée du coquelicot lorsqu'il est cueilli et la mort instantanée de l'ego une fois "démasqué"... Bises et belle fin de journée

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    1. Merci! maintenant bien compris. Bonne journée!

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  14. Christiane Singer dont j'ai tout lu me manque; les 7 nuits de la reine ou les chevaux écumants du passé m'ont aidée, à un moment de ma vie à traverser cette période. J'aime la lire, la relire. Là, je ne susi pas chez moi, et c'est comme si j'étais dans le silence de ma bibli..............Son flambeau ne s'est pas éteint, elle nous l'a transmis...........

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